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 (ziobhàn) réveil des enfers.

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Zak Senor
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messages : 92 pseudo : apy, ou maloé, ou malo. avatar + © : m. danet-fauvel. (faust)


âge : vingt-cinq piges, mais on pourrait croire vingt-et-un, parfois...
statut civil : célibataire. presque trop attiré par une morte. compliqué.
adresse : quelque part à milady.
job/études : infirmier à l'hopital de biarritz. suit des cours de medecine, vise toujours plus haut.
MessageSujet: (ziobhàn) réveil des enfers.   Jeu 18 Aoû - 15:51

passage dans la chambre 52. toilette du patient. discussions brève et sortie. passage dans la chambre d'en face. plateau repas du patient à débarrasser, après avoir essayé de l'inciter à manger plus que deux maigres petits pois, en vain. retour à l'accueil pour voir dans quelle chambre tu dois aller... seulement tu passes devant sa chambre. fermée. toujours fermée. une visite ? ou aucune ... son amie blonde est-elle venue ? le fleuriste a-t-il de nouveau changé les fleurs ? t'en sais rien, et t'as envie de savoir. c'est pas son tour, normalement. tu devais aller la voir un peu plus tard, dans la journée. mais c'est pas grave, tant pis, t'iras pas plus tard, tu rattraperas le temps perdu, tu trouveras... ouais, t'as toujours trouvé. depuis quatre semaines tu trouves, un moyen de passer la voir quand tu ne dois pas, un moyen de demander aux médecins, sur son cas, un moyen de savoir si elle va se réveiller. cet ange aux cheveux rouges enfer. siobhàn. siobhàn innocent. pourquoi ne respecte-t-elle pas son nom ? innocent. pourquoi a-t-elle fallut qu'elle se ruine ? qu'est-ce qui a déclenché cette crise ? cette envie de plus ? ou pas envie, d'ailleurs... il y a plusieurs degrés, chez les drogués. ceux qui savent jusqu'où ils peuvent aller. ceux qui le savent pas. les premiers, quand ils font une overdose, c'est que leur morale, leur conscience, leur esprit à craqué. ou alors que c'est volontaire. les autres, ils veulent toujours plus, ils ont aucune notion des doses qu'ils prennent. et les overdoses, elles arrivent sans prévenir, pour eux. et toi tu te demande c'était quoi, son degré, à elle. à siobhàn. si elle était parfaitement au courant, ou si elle n'en avait aucune idée. et t'as envie qu'elle se réveille. pour voir ses yeux, pour entendre sa voix, pour lui poser la question, et qu'elle te réponde. tu sais pas pourquoi. peut-être parce que t'as connu ça. pas l'overdose, mais presque. parce que tu sais le mal que ça fait. et que tu t'es attaché à elle, sans le vouloir, sans être prévenu, pour cette raison. alors t'entres dans sa chambre. tu la vois là, toujours allongée dans son lit blanc d'hôpital. ses cheveux qui ressortent et qui contrastent avec tout ce blanc. y'a que les fleurs, sans doutes en plus de cette couleur qui attire l'oeil, qui casse les tons de la pièce aussi. siobhàn, tu pourrais presque croire qu'elle dort paisiblement. si son teint n'était pas blanc comme neige à force de n'être pas sortie, à force de n'avoir pas bougé, à force de n'avoir pas ouvert les yeux, depuis quatre semaines. dans ta blouse d'infirmier, tu refermes la porte, tu fais quelques pas, t'observes la pièce, les photos, les fleurs. tu vas t'asseoir sur le fauteuil en face du lit. fauteuil dans lequel l'amie de siobhàn venait souvent, s'assoupissait, attendait que la jeune femme se réveille. et toi aussi t'attends. quelques minutes. trop. puis tu te lèves. t'as autre chose à faire. t'as d'autres patients à voir. d'autres chambres à visiter. alors tu te lèves, et dans un dernier coup d'oeil vers elle, tu la vois ouvrir ses yeux sombres.
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Siobhàn Innocent
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âge : 23 ans. j'ai quatre ans pour devenir une star du rock. la mort par overdose elle, elle est déjà prévue
statut civil : il est mort et hélène, hélène et la mort m'ouvrent grand leur bras, et je m'y jette avec dévotion
adresse : à l'hôpital, dans le coma après une overdose
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MessageSujet: Re: (ziobhàn) réveil des enfers.   Ven 19 Aoû - 18:50

• j'ai l'impression d'être morte depuis des années. j'ai l'impression que je ne retrouverai plus jamais le monde des vivants. que je resterai à tout jamais prisonnière des limbes, de cette sensation de flottement, de ce manque absolu d'émotions. ne plus rien ressentir. ne plus ressentir la honte, la peine ou même le dégoût. je ne ressens même plus la douleur, quelle qu'elle soit. et c'est parfait. je suis une coquille vide, et c'est ce que je voulais. je suis perdue dans une obscurité qui laisse mes yeux morts au repos. je ne tremble plus, je ne transpire plus, je ne délire plus. je ne ressens que cette légère vibration qui parcourt mon âme, comme si quelque part mon cœur battait encore. mais c'est faux. c'est faux puisque je suis morte. je me souviens de tout, ne croyez pas. je me souviens de la libération de la drogue. je me souviens de l'homme qui m'appelait, avant que je plonge vers les bras tièdes de la mort. comme quand on va se baigner en avril. tôt le matin, dans le silence le plus absolu, avec juste le bruit agréable de la mer qui va et vient sur la grève. et pourtant. pourtant je me sens happée, tirée, j'ai l'impression qu'on me déchire à ce monde obscur, et que je tombe. peu à peu, je sens quelque chose sous mon corps, sous mes mains. d'à la fois doux et rugueux, comme des draps. je me souviens des draps roses que j'avais quand j'étais petite. peut-être que je vais me réveiller chez mes parents ? la panique étreint un peu mon cœur et me fait prendre conscience des bips réguliers qui meublent le silence de ce que je pensais être les limbes.
• l'odeur atroce d'antiseptique qui me vrille les narines et qui me tue les poumons me rassure quelque part. je ne suis pas chez mes parents ? il n'y a qu'un seul endroit où j'ai pu sentir quelque chose de pareil. l'hôpital. alors je suis en vie. alors je n'ai pas réussi. e dès que je vais reprendre contact pleinement avec la réalité, je vais de nouveau ressentir. je vais devoir affronter tout ça. je vais devoir recommencer à ressentir, les sentiments comme ,la douleur. et je n'en ai pas envie. il y a dans ma bouche comme le goût du désert. quelque chose de sablonneux et sec. je me rends compte qu'il y a de nombreuses choses dans mes veines, partout. ça me gêne. ça ne devrait pas, pourtant, il me semble que j'avais plutôt l'habitude d'avoir diverses choses plantées dedans. même qu'à la fin je n'avais presque plus besoin de garrot. j'essaie d'ouvrir les yeux mais il me faut un paquet de volonté. c'est comme si mes nerfs ne comprenaient pas clairement le message. comme quand on vous parle quand vous venez de vous lever avec une énorme gueule de bois et que vous n'avez pas encore les idées tout à fait claires. alors j'entrouvre difficilement un œil. puis l'autre. le blanc de la pièce m'agresse et je pousse un couinement plaintif. ma voix est rauque et faible, comme si ça faisait des années que je ne l'avais pas utilisée. je bats des cils, y a des fleurs rouges dans un coin de la pièce. elles ont l'air fraîches comme si quelqu'un était venu les mettre dans la journée. mais c'est pas possible. parce que ça colle pas avec mon impression que ça fait des années que je suis morte. y a un gars aussi. en blouse blanche, tenue de camouflage dans un hosto. il va pouvoir répondre à la question qui martèle mon crâne depuis que je me suis rendue compte que je suis en vie. « pourquoi je suis pas morte ? »
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Zak Senor
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MessageSujet: Re: (ziobhàn) réveil des enfers.   Ven 19 Aoû - 19:43

d'abord t'es surpris, tu comprends pas trop, tu te dis que c'est toi, tu dérailles, t'es crevé, t'as pas bu ton café du matin... puis elle tourne la tête, elle observe l'endroit dans lequel elle est. et elle paraît bien réveillée. alors tu fronces les sourcils, tu t'approches de son lit, tu lâches la poignée de la porte, t'as même eu le temps de fermer la porter. tu te rapproches encore un peu, jusqu'à ce qu'elle pose cette question. cette question qui fait mal. cette question qui montre la catégorie dont elle faisait partie. cette catégorie qui sait parfaitement où est sa limite. cette catégorie qui utilise la drogue comme un suicide. égoïste et insensible. c'est toujours ça, les suicides. mais ça, c'est pire. ce coma. cette envie des proches de voir l'autre se réveiller. cet espoir. peut-être qu'elle pensait que son cœur s'était arrêté ? mais le coma, dans ces cas là, il est plus fréquent. alors tu t'approches, tu prends le petit tableau, au pied de son lit. t'observes les feuilles, tu les tournes, tu regardes siobhàn du coin. « vous voulez l'avis médical ou le mien ?» tu sais que c'est pas comme ça qu'on doit faire le réveil des patients. tu sais qu'il y a tout un procédé à respecter. mais ici, y'a pas tes supérieurs. ici, y'a que toi. toi et ta patiente. toi et cette gosse de quelques années de moins que toi qui à voulu se tuer. juste vous. alors tu lui expliques pas où elle est. tu lui demandes pas comment elle s'apelle. tu lui demandes pas si elle se souvient de ce qu'il s'est passé. tu lui demande rien. elle a l'air lucide. ou peut-être que tu lui demandera, après. mais en tout cas, cette question, elle semble importante. et oui, elle est importante. alors tu vas lui répondre, avant de lui poser ces questions, par obligation médicale. parce que tu viens de voir que t'as un formulaire à remplir, si elle se réveille. « d'un point de vue médical, vous n'étiez pas en mort cérébrale. tout répondait encore. votre cerveau fonctionnait. c'est simplement comme si vous étiez en hibernation. une hibernation de quatre semaines. » tu guettes sa réaction du coin de l’œil, tu fais claquer ta langue sur ton palet, puis tu poursuis. « pour moi, c'est simplement parce que vous saviez au fond de vous que vous pouviez pas partir comme ça. y'a aucune fierté à retirer d'une mort par overdose. » et parce que les anges reviennent toujours des enfers.
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Siobhàn Innocent
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MessageSujet: Re: (ziobhàn) réveil des enfers.   Mar 23 Aoû - 12:09

• il me regarde du coin de l'oeil et je sens comme un jugement dans ses yeux. oui je préférerai être morte. oui, c'est égoïste. eh quoi ? il s'attendait à quoi exactement ? à mon avis vu le taux qu'ils ont trouvé dans mon corps, il aurait pu s'en douter. y avait pas beaucoup de scénarios possibles et plausibles, fallait juste pas être trop con. et je ne supporte pas la façon dont il me vouvoie. je n'ai jamais aimé ça. ça me rappelle quand mes parents me traînaient à gauche et à droit et que les gens me vouvoyaient pour me montrer leur respect. respect factice, dû uniquement aux bonnes manières que je tenais à l'époque, simplement pour avoir droit à un sourire de la part de mes parents, juste un peu de leur fierté. absurde. complètement absurde. il me demande quel avis je veux. je m'en fous. ce n'était pas une vraie question. je veux juste m'effondrer. parce que même à ça je n'ai pas été bonne. j'ai encore raté quelque chose. azel doit me détester maintenant. oui, je l'ai abandonné, là, dans cette chambre. j'aurais dû le rassurer et attendre qu'il parte. certainement que c'est lui qui m'a emmenée jusqu'ici. pourquoi m'a-t-il sauvée, alors que je ne le méritais pas ? alors que j'étais lâche et égoïste une fois de plus ? pourquoi aurait-il voulu que je vive, alors que c'était bien fait pour moi ? et kiera ? comment faisait-elle. j'avais peur pour elle. qu'avait-il bien pu lui arriver, maintenant qu'elle était seule. elle n'avait même pas pu compter sur moi pour la soigner, la guérir, pour la consoler de la mort de son mac, même si elle pensait qu'il ne l'aimait pas. aucune idée. j'aurais mieux fat de ne jamais me réveiller.
• apparemment je n'étais pas en mort cérébrale. juste dans le coma. pourquoi mon corps avait-il ainsi supporté la drogue hein ? pourquoi est-ce que je n'avais pas crevé d'une overdose, tout simplement, comme dans tous les films et dans toutes les séries ? je ne suis pas la protagoniste d'un de ces trucs débiles, non, moi je suis l'amie qui crève au tout début de l'histoire. et c'est très bien comme ça. mais apparemment le destin en a décidé autrement. comme si je n'avais pas le droit de mourir quand je le voulais. quatre semaines. un mois. un mois qu'il est mort et je le vis comme si c'était hier. le trou dans ma poitrine ne s'est pas refermé, j'ai fait un saut dans le temps, apparemment. je voulais que la douleur cesse, je n'ai fait que la rallonger. je voulais ne plus rien ressentir, maintenant tout a le goût d'une amère culpabilité. il fait claquer sa langue contre son palais et je fronce les sourcils. j'ai toujours détesté ce son, méprisant par excellence. comme s'il savait tout mieux que tout le monde. comme s'il était parfait. il ne comprend pas. je ne pense pas qu'il soit en mesure de comprendre ce que c'est. il a du avoir une vie sereine, avoir une petite amie, une maison, un chien et une clôture qu'il peint le dimanche. il a jamais connu la drogue ou le manque. personne ne s'est jamais suicidé, la mort ce n'est pas quelque chose qu'il a côtoyé en dehors de l'hôpital. il a fait infirmier parce qu'il veut aider les gens, parce qu'il est tourné vers les autres, comme ces abrutis de psys. il me dit que c'est parce qu'au fond, je ne pouvais pas mourir comme ça. il me parle de fierté. non, vraiment, il n'a aucune idée de ce qui m'est arrivé. il connaît mon cas, pas la personne que je suis. alors, je siffle entre mes dents. « ouais ? bah tu sais quoi, va te faire foutre, monsieur-parfait. ta morale à deux balles j'en ai rien à secouer. »
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MessageSujet: Re: (ziobhàn) réveil des enfers.   Dim 28 Aoû - 4:43

elle te répond pas. elle semble encore émerger. tu sais pas si elle a vu tout ce qu'il y avait, dans cette chambre, pour elle. ces petites attentions, qui sont présentes malgré tout, ces petites attentions qui sont discrètes, mais belles et bien là. elle répond pas tout de suite, mais tu vois bien qu'elle se demande encore ce qu'elle peut bien faire là, qu'il y a une sorte de rancune mêlée au regret. et puis cette touche de colère, dans son regard, aussi. t'as vu suffisamment de patients pour savoir comment interprêter certains regards, certaines réactions. parce que même si chaque patient à sa manière de réagir, il y a toujours ce même regard quand les émotions se mêlent. quand l'incompréhension survient. quand ils se sentent perdus. et tu le sais aussi, parce que tu l'a vécu, cette incompréhension, ce sentiments d'être perdu, de pas être à ta place, de chercher autre chose, l'évasion. « ouais ? bah tu sais quoi, va te faire foutre, monsieur-parfait. ta morale à deux balles j'en ai rien à secouer. » elle répond, finalement. t'encaisses. après tout, c'est rien. y'en a eu des pires. des espèces de cons qui savent tout, mais qui refusent la réalité en face. elle, c'est pas vraiment ça, en tout cas, t'en es pas sûr. pour toi, elle est comme toute droguée qui fait une tentative de suicide avec leur addiction. elle s'en veut de ne pas avoir réussi et ainsi d'avoir pu causer du mal à ceux qui les entoure. t'as pas fait de tentative, toi, mais ce mal, tu l'a ressenti quand ta mère a compris et que t'as dû lui avouer. mais au final, si elle avait jamais compris, tu sais pas si t'en serais arrivé à un point de non retour. tu sais pas si t'aurais pas fait déborder le vase, déjà plein à ras-bord. « si vous voulez, mais avant je voudrais faire quelques petits examens. vous comprenez, je suis obligé, sinon je serais déjà parti. » tu t'approches, un stylo dans la main, le calepin dans l'autre. « vous vous souvenez de votre nom ? votre âge ? vous sentez, quand j'appuie là ? et là ? » tu te dis qu'ils devraient refaire les questionnaires, parfois. parce que c'est pas adapté. mais t'es obligé de cocher, alors tu le fais. tu notes ses réponses, malgré sa mauvaise humeur, malgré ses réponses acerbes, grinçantes. « vous vous souvenez, ce qu'il s'est passé avant votre coma ? vous pouvez me raconter ?» tu notes, ouais, tu notes. son ami, celui qui l'avait amené ici, il vous avait donné sa version des faits, mais il savait pas tout, parce qu'il est arrivé qu'à la fin, visiblement, parce que il devait y avoir une raison, pour ce suicide. mais psychologiquement, c'est pas bon pour le patient de demander directement. faut laisser faire, laisser expliquer, et si elle explique pas aussi loin, et bah tant pis, tu recommenceras, dans plusieurs jours, comme un autre examen de routine. « vous avez un ami qui vous a laissé un mot. celui qui vous a amené ici. » tu montres le papier d'un signe de tête. tu sais pas trop si elle a envie de le savoir, mais tu te dis qu'elle se doit d'être au courant. parce que ça peut être important. parce que ça peut changer la donne. pendant qu'elle le regarde, toi, tu regardes son dossier. tu regardes ses constantes. si tout va bien. si ses perf' aussi. tu te dis que tu devrais aller prévenir les médecins, quand même, qu'elle s'est réveillée, qu'elle est enfin revenue. eux qui commençaient à désespérer...
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Siobhàn Innocent
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MessageSujet: Re: (ziobhàn) réveil des enfers.   Dim 4 Sep - 1:58

• il me dit qu'il es obligé de me faire ces foutus examens à la con, et franchement, je n'ai pas envie. je ne veux pas de ses questions, je m'en fous, j'y répondrais plus tard. je l'aime pas, il m'énerve déjà. alors si c'est lui l'infirmier assigné à ma chambre, et que je dois rester longtemps dans ce putain d'hôpital, ça ne va pas aller. je ne veux pas d'une personne moralisatrice et incapable de comprendre. s'il est là juste pour me donner des leçons, il peut partir, vraiment. mais tu réponds, d'un ton grinçant « siobhàn innocent. s-i-o-b-h-a avec un accent grave-n. innocent comme l'adjectif. j'ai vingt-trois ans. et dégagez vos mains de moi, bordel. » j'ai jamais trop été fan des contacts physiques, et ça ne s'est pas amélioré quand j'ai plongé dans la dépendance. alors, là, de lui, de cet homme qui m'énerve, je ne peux pas. oui, je sens quand il touche. c'est bon, j'ai pas eu un accident de voiture qui m'a broyé les jambes non plus. je vais très bien m'en sortir. je veux être tranquille, je veux juste qu'il me laisse dans la chambre, qu'il me laisse m'habituer à l'idée que je ne suis pas morte et que je vais devoir composer avec l'amertume et la rancoeur de mes proches. et ça je sais que je vais galérer avant d'y parvenir. je sais que ça va être vraiment dur à endurer. et puis qui dit un mois de coma dit sevrage. et là aussi psychologiquement, je sens que ça ne va pas être simple. pas du tout. la drogue c'était mon paradis, c'était ma porte de sortie, mon oxygène. je ne sais pas faire sans. je ne sais plus faire sans. et je n'ai pas envie d'arrêter. l'idée de finir par crever d'une overdose, volontaire ou non, me convenait très bien.
• il me demande ce qu'il s'est passé, et je lui jette un regard noir. faut pas me prendre pour une débile, j'ai très bien compris ce qu'il voulait que j'explique. pourquoi j'avais fait ça. alors mes lèvres restent closes. je refuse de lui parler, pas à lui. je le fixe, je lui fais bien comprendre que je sais mais que je refuse de le lui dire. il ne peut pas insister, je m'en doute, parce que sinon ça pourrait perturber les patients. mais je sais aussi qu'il risque de me harceler avec cette question. et si ce n'est pas lui, ce sera le ou la psychologue qu'ils vont me coller dans les pattes. comme si j'avais franchement besoin de ça. non. tout ce que je veux, là, c'est rentrer chez moi. et essayer de ne pas penser au fait qu'il est mort, au trou béant dans ma poitrine. il finit certainement par abandonner, parce qu'il me dit qu'il y a un papier. sur ma table de chevet, juste là, juste à côté de ma tête, mais je ne m'en étais pas encore rendue compte. c'est azel. j'ai reconnu son écriture un peu brouillonne, et sa façon maladroite de dire les choses. je la lis en souriant un peu au début puis de moins en moins. il y a un numéro de téléphone, pour que je l'appelle, et je me mords la lèvre pour ne pas pleurer. ça attendra que je sois seule. il s'est vraiment inquiété, je l'ai planté là, tout seul, se faisant déjà certainement un sang d'encre pour moi. et il a dû défoncer la porte de la salle de bain, ce qui implique je suppose quelques blessures. tout ça pour voir ma seringue toujours plantée dans mon bras. heureusement, il savait que je me droguais, parce que sinon, il aurait peut-être perdu du temps à se remettre d'un tel choc. je lui ai fait ça. je lui ai probablement pourri ses vacances avec mes décisions de sale petite gamine égoïste. pendant ce temps l'autre regarde mes perfusions et tout le reste. « c'est bon, ça va, mes veines sont habituées à avoir des trucs plantés dedans. » que je lâche d'un ton presque cynique. c'est vrai. y a pas besoin de faire autant de chichis. j'ai planté des seringues des tas de fois, elles sont habituées.
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MessageSujet: Re: (ziobhàn) réveil des enfers.   

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(ziobhàn) réveil des enfers.
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